Transcription
1Monseigneur, la reception de la lettre du roy du IIIe de ce mois, ou copie dicelle, avec les remontrances
2de messieurs de Portes et de Grenoble, ont faict continuer la bonne volonté des consulz des
3villes capitales, tous pourtez en cest ville ci ce nest pour le respect de celluy de Gap den
4nespargner aulcune chose pour la conservation et tuition de ce païs et pour le garentir des
5volleries et pillheries des rebelles à sa majesté. Sur ce, ayant esté mis en deliberation de mectre
6sur la parcelle plus grande somme que de XLm[ille] livres accordées pour lestat general, comme aussi
7lauctorité par iceluy en estoit donnée en cas de necessité des affères, laquelle se presente
8plus gramde de jour à aultre, lesdits consulz ne se sont osé en dispenser sans en comunicquer
9à leurs villes ayantz pour ceste effect requiz terme de huict jours mesmes pour faire responce
10à l’ouverture que leur a esté faict d’imposer encores la somme de cent quinze mil livres
11qui seroit revenir pour ceste année à raison de XXXIXm à XL livres par feu, le tout encores
12aux conditions apposées et reservées par la condition de laquelle extraict a esté mise dans
13ce depeche, tellement que la reprinse du contenu en icelles ne seroit que superflue. Par
14la presente conclusion pourries aussi monseigneur entendre comme le tiers estat desire
15que par votre auctorité et soubz votre bon voloir messieurs de l’Eglise et de la noblesse
16ne soy escautz emploiés au faict de ses guerres ny entrés en aulcune despence
17feussent exhortés de fournir quelque somme notable pour ce mesmes faict des
18guerres, nestant moings question de leur faict, conservation de leurs personnes et biens.
19quant à vous envoyer pouldre, voyantz que telz mandementz ne demandoient
21retardation pour ne interrompre voz deceingtz, estant couchée sur la parcelle
22la somme que dessus, on regardera emprumpter quelque deniers pour supporter les
23fraiz que se presenteront en atendant le temps de lexaction et paiement, lesquelz on
24pourra plus facillement trouver soubz l’experance du remboursement, mesmes
25après quon entendra avoiur esté permis par sa majesté imposer et lever la susdites
26totale somme.
27Monseigneur, on vous voldroit aussi requerir quil vous pleust faire arrester ez mains
28des receveurs, et aultres qui en ont heu le maniement, les deniers exhigés ou à exhiger
29appartenantz au roy, soit de son domaine ou des decimes ou des quatre solz puis
30quelques années imposés sur chacune eymine sel, puis que sa majesté declare navoir
31moien nous soullager, ce que depend de votre auctorité et en actendans sur ce votre
32bon voloir et advis, remectans en temps plus calme dexecuter ladvis de monsieur
33de La Roche, lieutenant de la compagnie de monseigneur le prince daufin. Vray
34que cest une surcharge aux pouvres villageois desquelz recevons tous les
35jours les plainctes, notamment de ceulx qui sont bailliés en aide
36à La Mure, Vizille, St Quentin, et Armieu, pour avoir tousiours continué
37dentrer en despence puis une année. Vray que pour le presente ne savoir aultre
38remède pour la necessité.
3951B
41du sire Jehan Bernard comme monseigneur le marechal Dampville a mis une
42imposition de cinquante cinq solz sur chacun muy sel que seroit prins et levé
43ès salins de Pecaix pour lentretenement dune compagnie de gens à pied
44de soixante hommes mise en garnizon dans Aiguesmortes. Telle somme
45reviendroit à une somme grande pour entretenir plusieurs semblables
46compagnies mais ce pouvre païs se contente de soustenir ses
47foulles, charges et despenses sans le charger dentrer à celles de ses
48voisins. Dalhieurs nous en prevoyons une consequence ou
49ouverture à perpetuité tellement que sommes deliberés en escrire
50à monsieur de Chatelard pour en avoir quelque declaration du roy au contant
51sans actendre le departement de monsieur Bossat qui ne pretend
52departir sur la fin de ce mois. Nous desirerions vous supplier
53en escrire ung mot à mondit sieur le marechal si le trouvés bon et
54que se doibve faire. Car aultement ne vous en voldisons importuner.
55Monsieur le president Truchon se treuve nommé davoir assisté à telle
56deliberation. Sur ce vous ayantz presenté noz très humbles recommandations
57nous prions Dieu,
58monseigneur, vous donner en très bonne santé, longue et heureuse vie. De
59Grenoble, ce XVIIme mars 1574
60Vostres humbles et obeyssans serviteurs les
61commis des estatz de Daufiné
62Bourgel
